menu contenu rechercher
dim. 25 sept. 2016 | | Dégagé 14.9° / 23.8° | air Indice de pollution : 3/10 | accès MonGrenoble S'identifier Créer un compte

Grenoble libère l'espace public et développe les expressions citoyennes

De la publicité à l’expression publique : Grenoble première grande ville européenne à libérer l’espace public. Explications.

L'affichage publicitaire a été conçu dans la société des années 1960 et est parfois présenté comme un « distributeur de bonheur ». Il participerait à l'animation de la ville. Pourtant, selon la 9ème édition de l'enquête « Publicité et société », publiée en 2013, une immense majorité des français trouvait la publicité envahissante (73%) et intrusive (85%).

« Avec la démultiplication des canaux d'exposition, la pub est perçue comme plus banale(selon 57% des Français contre 64% aujourd'hui), envahissante (73% contre 79%) et intrusive (85% contre 78%). Plus frileuse, moins provocante, la publicité distrait moins (de 54% à 48%) et convainc moins (de 54% à 47%). » étude : Les Français et la publicité, Sofres 2013. Source : http://www.tns-sofres.com/etudes-et-points-de-vue/les-francais-et-la-publicite-je-taime-encore-un-peu

Grenoble se libère de la publicité !

Eric Piolle, maire de Grenoble, déclare : « Les responsables publics traditionnels ont pris du retard sur les nouvelles aspirations des habitants, sur les nouvelles façons de vivre et d'échanger. Alors que la réalité a évolué depuis longtemps, ils maintiennent en vie les vestiges des 30 Glorieuses et de la société de consommation : affichage publicitaire, grandes surfaces, grands projets inutiles, etc. Il est temps d'aller de l'avant, et de faire émerger une ville plus douce et plus créative. Une ville pensée à hauteur d'enfant. Une ville moins agressive et moins stressante, au service de notre créativité et de notre identité. Libérer l'espace public de Grenoble de l'affichage publicitaire est un pas dans cette direction».

Agenda prévisionnel

Voir l'image en grand

De la publicité à l'expression publique : Grenoble 1ère grande ville européenne à libérer l'espace public

Actuellement, le contrat qui lie la Ville de Grenoble à la société JC DECAUX arrive à échéance au 31 décembre 2014. La municipalité fait le choix de libérer l'espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces d'expression publique et ne lance pas de nouvel appel d'offre pour de l'affichage publicitaire.

326 panneaux publicitaires vont ainsi disparaître de l'espace public : 227 « sucettes » (120 x 176 cm), 20 colonnes, et 64 grands panneaux (8m²), et autres supports. Soit au total plus de 2 000 m² de publicité en moins dans la ville.

Dès janvier 2015, les premiers panneaux démontés seront remplacés par des arbres, au total une cinquantaine de jeunes arbres seront plantés avant le printemps. De plus, l'affichage municipal et culturel sera redéployé et l'affichage libre citoyen sera développé.

Ce choix ambitieux honore un engagement pris devant les Grenobloises et les Grenoblois en mars 2014, en faveur d'une ville plus créative et moins agressive, une ville fière de son identité.

C'est une première européenne pour une grande ville. La démarche portée par la Ville de Grenoble s'inscrit de façon cohérente dans un contexte économique en mutation.

Cette décision répond à la volonté de la municipalité d'embellir la cité, de développer l'expression citoyenne, de redonner de la place à la nature, de privilégier le commerce en ville et de protéger les jeunes générations.

Vers une ville créative : les raisons de cette décision

Première européenne pour une grande ville, la décision de libérer l'espace public de l'affichage publicitaire est portée par plusieurs raisons :

  • Un engagement pris devant les Grenobloises et les Grenoblois : Réduire fortement la publicité et développer l'affichage citoyen (engagement n°15).
  • Une mesure qui répond aux évolutions de la ville et des modes de vie.

Cette politique répond aux enjeux du Grenoble d'aujourd'hui et s'inscrit dans un mouvement historique plus vaste. Pendant les 30 Glorieuses, les grandes villes ont été conçues pour le béton, la voiture et pour être les moteurs de la grande consommation.

Avec le retour de la nature en ville, du tram et le développement des transports en commun, avec l'aspiration des habitants à plus de pistes cyclables et de cheminements piétons apaisés, avec l'abaissement des hauteurs des immeubles, etc. on assiste à l'émergence de la ville à taille humaine, de la ville où il fait bon vivre. Une ville où le piéton et le cycliste ont toute leur place, où la vie de quartier et le commerce de proximité au coin de la rue renaissent, où l'espace public devient un lieu de vie et plus uniquement espace de transit ou de circulation.

Dans ce cadre, comme dans beaucoup d'autres grandes villes d'Europe, l'affichage publicitaire installé dans l'espace public de Grenoble date de nombreuses années.

Lucille Lheureux, Adjointe à l'Espace public et à la Nature en ville, rappelle : « Les premiers panneaux DECAUX sont arrivés à Grenoble en...mai 1976. Viser la répétition en masse des messages publicitaires des grands groupes, les grands formats et avoir pour stratégie d'implantation la visibilité maximale des automobilistes : les formats et lieu d'implantation ont été conçus pour un usage de la ville qui ne correspond plus ni à la ville d'aujourd'hui, ni aux aspirations de ceux qui y habitent, travaillent, grandissent, vieillissent. »

  • Faire vivre et valoriser l'identité de la ville

L'espace public grenoblois doit permettre de faire vivre l'identité de notre cité par l'expression de ses citoyens, en donnant une place nouvelle à l'art dans la ville, par la mise en valeur de son histoire, de son patrimoine et son attachement à la nature.

Enlever les grands panneaux publicitaires permettra de dégager les perspectives et de redécouvrir qu'au bout de chaque rue, à Grenoble, il y a bien une montagne !

Cette politique s'inscrit dans cette démarche historique de reconquête de la ville par et pour les habitants et les acteurs qui contribuent à sa vitalité (économie, culture, association, sports, éducation, etc. ), pour en faire une ville où il fait bon vivre dans chaque quartier.

  • Garantir « une liberté de réception »

Corolaire de la liberté d'expression, la liberté de réception doit permettre à chacun de choisir de recevoir ou non une information. L'affichage publicitaire, hérité des années 1970, utilise les grands formats pour imposer des messages à caractère commercial. Le nouvel affichage que développera la ville de Grenoble (citoyen, associatif, municipal et culturel) correspondra à des affiches adaptées, plus petites, non plus à destination des automobilistes mais des piétons.

  • Protéger les enfants

La Ville de Grenoble fait le choix de ne plus imposer la publicité à ses habitants, et notamment aux plus jeunes d'entre eux. En effet ceux-ci, bien qu'ils soient les cibles privilégiées des agences publicitaires, ne disposent bien souvent pas encore du recul nécessaire pour se protéger du matraquage des grandes marques.

Lucille Lheureux déclare : « Depuis des années, quelques efforts ont été faits pour qu'aux heures de grande audience du jeune public, la télévision diffuse moins de publicités. Poser sur le chemin de l'école les publicités que l'on a retiré des écrans est un non-sens ! »

  • Libérer le tissu économique local et le commerce de proximité de la pression des grands groupes

Seules les très grandes entreprises et les multinationales peuvent s'offrir de couteuses et fréquentes campagnes d'affichage. En phase avec ce moratoire sur le développement des grandes surfaces, cette mesure va dans le sens d'une meilleure défense du commerce de proximité, en régulant l'omniprésence des grands groupes sur l'espace public. Retirer les panneaux publicitaires des places et des rues de la ville fait partie d'une série d'actions pour rendre visible et dynamiser le commerce de ville.

  • Une opportunité économique

Le 31 décembre 2014, le contrat qui lie la Ville de Grenoble à la société JC DECAUX arrive à échéance. Le marché de la publicité vit de profondes mutations. Avec la concurrence d'internet, avec les nouveaux modes de vie et les nouvelles habitudes de consommation, les recettes de la publicité traditionnelle s'effondrent et la publicité animée et digitale, qui arrive en masse dans de nombreuses villes, inquiète par son hyper-visibilité. Pour continuer à être rentable, elle doit franchir un seuil et s'engager vers les écrans digitaux et, demain, vers la publicité télévisuelle dans la rue (comme à Miami).

La Ville de Grenoble, consciente des risques liés à cette évolution du marché, a fait le choix de répondre aux besoins et aux aspirations des habitants. Ainsi, si la redevance perçue par la ville dans le cadre du contrat 2004-2014 était de 600 000 € par an, en cas de nouveau contrat elle se serait seulement située dans une fourchette allant de 100 000 à 150 000 € par an (avec imposition d'écrans digitaux en surplus).

  • Une réforme financée par la sobriété protocolaire.

Cette décision est donc peu coûteuse, en réalité, et ce « manque » annuel sera très largement compensée par les économies déjà réalisées sur le budget « protocole » de la Ville de Grenoble (réceptions et communication). Rien qu'entre 2013 et fin 2014, la Ville a en effet déjà réduit son budget réalisé de plus du tiers.

La publicité va-t-elle complètement disparaitre à Grenoble dès janvier 2015 ?

Il restera de la publicité à Grenoble sur les espaces privés (en nombre limité) et sur le mobilier du SMTC (arrêts de tram et de bus) dont le contrat avec la société Decaux arrivera à échéance en 2019. Les prochaines années devront permettre de requestionner aussi, à l'échelle de la Métropole, la publicité sur ce mobilier urbain et le modèle économique correspondant. Une attention particulière sera portée sur les zones commerciales et les entrées de ville, où les panneaux publicitaires sont installés en masse.

Ce choix ambitieux de la Ville de Grenoble est une première européenne pour une grande ville. Nul doute qu'il sera regardé avec attention ailleurs et qu'il engagera un mouvement de fond qui dépassera les frontières du Dauphiné.

Demain quel affichage dans l'espace public ?

Engagements pris devant les Grenobloises et les Grenoblois, la nouvelle municipalité souhaite développer un affichage « alternatif » dans la ville. Aujourd'hui, les différents acteurs sont en situation de concurrence pour l'affichage sur les panneaux d'expression libre. Cette situation, entretenue par l'étroitesse des espaces qui leur sont réservés, revient au final à pénaliser l'ensemble des acteurs. Dans les mois à venir, la Ville proposera aux Grenobloises et aux Grenoblois, et au vote du Conseil municipal, un nouveau dispositif qui pourrait distinguer différents types d'affichage « libre » :

  • Le Culturel « commercial » (spectacles payants, concerts, etc)
  • L'expression associative, y compris culturelle et locale
  • L'expression d'opinion (citoyenne, politique, syndicale, etc. )

Ce nouveau dispositif permettra également de réguler la concurrence entre des messages qui ont tous leur place dans l'espace public.

Par ailleurs, des mobiliers urbains à taille humaine, seront proposés pour l'affichage municipal, les plans de ville et de quartiers, l'évènementiel municipal et les partenaires culturels de la Ville (musée, MC2, Assises Citoyennes, etc.). Comme sur l'ensemble des politiques portant sur le quotidien des habitants, la méthode utilisée sera la concertation, et le dialogue permanent : les lieux d'implantation de ces nouveaux mobiliers seront choisis en lien avec tous les acteurs concernés : habitants, associations et acteurs culturels notamment.

Comme sur l'ensemble des politiques portant sur le quotidien des habitants, la méthode utilisée sera la concertation, et le dialogue permanent : les lieux d'implantation de ces nouveaux mobiliers seront choisis en lien avec tous les acteurs concernés : habitants, associations et acteurs culturels notamment.