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La Tour Perret, histoire d'une rénovation

Une tour bientôt centenaire

Première tour en béton armé de grande hauteur du monde, la tour Perret domine la ville de Grenoble du haut de ses 90 m. Construite en 1924 par les frères Auguste et Gustave Perret, architectes et entrepreneurs, elle est le seul vestige conservé de l’Exposition internationale de la Houille blanche et du Tourisme qui se déroula à Grenoble du 21 mai au 15 octobre 1925 et qui amena plus d’un million de visiteurs. 

Depuis sa plateforme à 60 m de haut, où était installée une table d’orientation, elle offrait une vue panoramique sur l’ensemble des massifs montagneux qui entourent Grenoble. Le public y accédait grâce à un escalier en colimaçon longeant la paroi interne et à deux cabines d’un ascenseur performant pour l’époque. Malgré des travaux d’entretien entrepris en 1952, l’accès au sommet de la tour a été interdit au public en 1960, les normes de sécurité et d’accessibilité n’étant plus assurées.

Devenue emblématique de la ville, elle est aujourd’hui le signe d’une modernité qui contribua dès cette époque à faire de Grenoble une ville d’innovation. Objet d’une reconnaissance collective, la tour Perret est un bâtiment classé au titre des Monuments Historiques et, compte tenu de ses spécificités architecturales et techniques, son rayonnement va bien au-delà de la seule ville de Grenoble. Elle est représentée, par exemple, dans les halls des tours de New York (Empire State Building) et de Yocohama au japon.

Une architecture audacieuse 

La tour de Grenoble est caractéristique de l’architecture d’Auguste Perret : la structure en béton armé apparent, sans artifice, constitue la forme du bâtiment.

Conçue sur un plan octogonal de 8 m de diamètre, la tour s’élève à 90 m de haut. Elle repose sur des fondations de 15 m de profondeur. Son ossature est constituée de 8 poteaux verticaux assemblés par des anneaux espacés de 22 m. Entre ces poteaux, une ossature secondaire reçoit un système de claustras, préfabriquées en atelier et montées au fur et à mesure comme des éléments de menuiserie.

La tour est le seul édifice en béton armé de l’époque atteignant une telle hauteur, bâtie pour promouvoir le béton armé, cette « pierre liquide » qui va révolutionner la construction du XXe siècle. La simplicité apparente de la structure répond à la logique constructive du béton armé, beaucoup plus rapide et moins coûteuse que celle de la pierre de taille.

Aujourd’hui, la Ville souhaite restaurer ce monument dont elle est propriétaire. Il s’agit d’abord de répondre à des enjeux techniques concernant la restauration des bétons anciens. Ensuite, en redonnant l’accès au public, il faudra valoriser sa fonction de pôle d’orientation et imaginer différents usages possibles de cette tour identifié comme symbole de la Ville, édifice central du parc Paul Mistral, l’un des plus vastes parcs urbains grenoblois.

Une restauration qui démarre

La restauration de la tour est un projet ambitieux porté par la Ville de Grenoble tant d’un point de vue technique et financier que de son usage futur. Il s’agit donc, à travers la restauration de l’édifice, de retrouver son usage d’origine, une tour d’observation ouverte à la visite qui trouve sa place dans le parc Paul Mistral, mais aussi de mettre en valeur la spécificité architecturale du bâtiment en termes de marqueur historique. Ce projet prend toute sa place dans la politique de valorisation du patrimoine de la Ville de Grenoble, récemment labellisée Ville d’Art et d’Histoire, et est fortement attendu d’un point de vue local comme international, du grand public aux professionnels.

Pour mener à bien le projet, que ce soit pour la restauration ou pour l’usage de la tour, la Ville s’appuie sur un groupe d’experts comprenant des acteurs institutionnels, des associations, des universitaires et scientifiques, des architectes, des professionnels du tourisme et du patrimoine. Les habitants seront également associés.La restauration de la tour Perret est l’occasion, rare, d’être scientifiquement « exemplaire » et « pilote » pour les travaux de restauration des bétons armés.