Covid-19 : 6ème point de situation sur la mobilisation de Grenoble

Covid-19

Publié le 22/04/2020

Point de situation sur le COVID-19 à Grenoble le 21 avril 2020 par le maire de Grenoble.

Grenoble vous dit merci !
A nouveau, la Ville de Grenoble tient à remercier l'ensemble des premières lignes mobilisées face au virus : les personnels soignants, les gardes d'enfants, les caissier-es, les chauffeuses et chauffeurs de tramway, de bus, les éboueuses et éboueurs, les livreuses et livreurs, l'ensemble des agent-es du service public mobilisé-es, pour accompagner les malades, les ainé-es...

Les temps communs
Eric Piolle, Maire de Grenoble, déclare : « Dans ma conception de la vie publique, il est essentiel que les décisions prises par la Ville de Grenoble le soient en toute transparence, que le débat ait lieu, que les contre-pouvoirs puissent jouer pleinement leur rôle. C'est la raison pour laquelle j'ai réuni hier le 1er Conseil municipal depuis le déclenchement du confinement. Je ne crois pas à la démocratie sans élu-es.
Bien sûr, depuis le 17 mars je réunis régulièrement l'ensemble des groupes municipaux, majorité et oppositions, pour faire le point, pour les entendre aussi. Je souligne ici l'esprit de consensus et d'unité qui anime ces échanges : vos élu-es sont pleinement mobilisés, dans leur grande diversité, à vos côtés, pour vous permettre de traverser la crise sanitaire en cours dans les meilleures conditions. »

Le prochain Conseil municipal aura lieu le 18 mai prochain, pour faire le point une semaine après le lundi 11 mai, date annoncée par le Président de la République pour le début du déconfinement.

D'ici le 11 mai, des rendez-vous importants sont prévus, tels que les commémorations historiques : la 105e commémoration du génocide arménien vendredi 24 avril et, dimanche 26 avril, le 75e anniversaire de la Libération des camps. Grenoble est très attachée à son histoire, à ses valeurs, à toutes les diasporas qui ont été accueillies ici au fil des siècles.
Il est important de pouvoir entretenir la mémoire collective et de pouvoir rendre hommage aux femmes et aux hommes qui ont su par le passé rester debout malgré les circonstances et porter haut les valeurs de fraternité et de liberté qui nous unissent.
Pour ces deux cérémonies, la Ville de Grenoble se mettra aux couleurs des cérémonies nationales. L'ensemble des informations sera disponible sur le site de la Ville.

Activité intense de la police municipale
L'activité de la Police municipale a été intense la semaine dernière, avec 1567 contrôles sur la voie publique.
115 personnes ont été verbalisées pour non-respect des règles du confinement, soit environ 7%. C'est un net progrès par rapport aux deux semaines précédentes (11% de verbalisation).
La Police municipale maintiendra jusqu'au 11 mai un haut niveau de présence, de contrôle et de verbalisation si nécessaire. Cette présence sera ensuite adaptée progressivement pour répondre aux nouveaux enjeux qui se poseront sur la voie publique lors du déconfinement.
La Ville de Grenoble rappelle aux habitant-es qu'il est essentiel de conserver le même niveau d'exigence et de responsabilité concernant les gestes barrières, les règles de distanciation sociale et les attestations exceptionnelles de sorties, qui doivent être remplies et respectées dans l'intérêt de toutes et de tous.

Les plateformes de solidarité continuent leur progression
Etre exigeant sur le respect des règles, c'est être solidaire envers les soignant-es et les Grenoblois-es les plus vulnérables et les plus exposé-es. Les plateformes de solidarité continuent aussi leur progression. Sur la plateforme Voisins Voisines, près de 2 400 volontaires proposent leur aide.
La Ville de Grenoble lance un appel aux couturiers et couturières qui souhaitent confectionner des masques en tissu : inscrivez-vous sur la plateforme !
Concernant la plateforme pour soutenir les commerçant-es : Loin des yeux près du cœur, lancée vendredi dernier, plus de 60 commerces sont déjà inscrits.

Plus de solidarité avec les personnes en grande précarité
La multiplication des lieux de distribution alimentaire se poursuit, en ville et désormais aussi sur le campus et à destination des étudiant-es, une population largement touchée par la précarité que génère la crise sanitiare actuelle. Cette distribution sur le campus se tiendra les jeudis après-midi de 14h30 à 15h30.

La Ville et le CCAS ont mis en place un numéro de téléphone en direction des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et/ou isolées qui souhaiteraient avoir des informations, être orientées vers des services spécialisés ou encore s'inscrire au Registre des personnes fragiles et isolées du CCAS afin de bénéficier d'une veille, ou encore d'appels téléphoniques réguliers durant cette période particulière : le 04 76 69 45 45.

Comme l'a annoncé dimanche le Ministre de la santé, les visites dans les EHPAD vont reprendre. Les équipes travaillent aux conditions d'accueil des familles des résident-es dans les EHPAD, dans les meilleures conditions sanitaires pour les résident-es en premier lieu, pour les agent-es et pour les visiteur-euses également.

Les jardins potagers à nouveau accessibles
Par ailleurs, pour continuer à faire vivre les liens entre Grenoblois-es et les liens avec notre environnement, la Ville a travaillé, en dialogue avec la Préfecture de l'Isère, à rendre à nouveau accessibles les jardins alimentaires, afin que l'agriculture urbaine puisse se poursuivre en cohérence avec les consignes sanitaires.
L'accès aux jardins collectifs, jardins et vergers partagés et jardins familiaux va donc être possible, tout en respectant strictement les gestes barrières : pas de prêt de matériel, une seule personne par parcelle individuelle, présence limitée à une heure pour assurer la rotation des jardiniers et jardinières.
Les modalités précises, jardin par jardin, sont actuellement communiquées par les services de la Ville aux jardiniers et jardinières et seront affichées dans les jardins.

Cette ouverture a du sens : la production alimentaire de ces jardins contribue à l'économie de nombreuses familles grenobloises. On sait aussi, depuis les débuts de la crise, l'impérieuse nécessité de travailler à la consolidation des systèmes alimentaires locaux, indispensables à notre santé et à la résilience de nos villes et villages : marchés, soutien aux productrices et producteurs ainsi qu'aux commerçant-es, développement des achats collectifs, distribution alimentaire pour les personnes en grande précarité, soutien aux filières à l'échelle du grand bassin grenoblois (dans le cadre du plan qui unit la ville avec les parcs naturels régionaux de Chartreuse et du Vercors, le Trièves, le Grésivaudan, le Voironnais, la Métropole)... Tout cela contribue, plus que jamais, à la santé des territoires et de leurs habitant-es.

Préparer le déconfinement : qualité de l'air, écoles, chantiers, clinique mutualiste
Grenoble semble toujours, pour le moment, être moins touchée qu'ailleurs par l'épidémie. La Ville appelle chacune et chacun à rester mobilisé et vigilant, y compris à partir du 11 mai, pour réduire le risque d'un deuxième pic d'épidémie.

Qualité de l'air
La sécurité sanitaire d'après le 11 mai se prépare aujourd'hui et cette sécurité sanitaire d'après le confinement, c'est aussi la qualité de l'air.
Le fléau de la pollution fait ici dans le bassin grenoblois plus de 110 morts par an, 1 mort tous les 3 jours... Ce sont 48 000 morts en France chaque année. 500 000 morts par an en Europe...
Air Atmo Rhône-Alpes a publié aujourd'hui ses relevés sur le bassin de vie. Les effets du confinement se font clairement sentir. Le taux d'oxyde d'azote (N0x) a baissé à Grenoble de 72% du 1er au 31 mars 2020. C'est une amélioration de la qualité de l'air massive.

Eric Piolle, Maire de Grenoble, déclare : « Je le dis ici avec force, cette amélioration ne doit pas laisser place à une détérioration de la qualité de l'air encore plus massive après le 11 mai. Nous ne devons pas revenir au monde d'avant. Nous devons amplifier notre mobilisation contre le fléau de la pollution, présent toute l'année. Là aussi, la mobilisation paie car depuis plusieurs années les taux de pollution commencent à baisser, il faut encourager cela.
Nous le savons, des règles de distanciation et de prévention vont s'imposer dans les transports en commun. Leur fréquentation risque de décroitre. Le risque est que cette baisse de fréquentation s'accompagne d'une hausse de l'utilisation individuelle de la voiture, des bouchons et de la pollution associée.
Afin de favoriser vos déplacements comme la qualité de l'air et la sécurité sanitaire du territoire, nous travaillons avec le SMMAG et la Métropole pour déployer dès le déconfinement, un plan pour favoriser les mobilités propres et bonnes pour la sécurité sanitaire : la marche et le vélo notamment.
En facilitant les déplacements, en prenant soin de l'air, le déconfinement peut être l'occasion de rendre meilleure Grenoble, encore plus vivable. »

Sont notamment prévus :

  • le déploiement d'un ambitieux réseau de pistes et bandes cyclables temporaires, principalement le long des axes actuels des principales lignes de transports en commun, des lignes Chrono et des trams.
  • la priorisation aussi de la reprise des travaux des axes chronovélos pour mieux relier Grenoble et ses communes voisines.

Déconfinement progressif dans les écoles
Anticiper et réussir le déconfinement, c'est aussi agir pour les écoles, partout sur le territoire.
Depuis les annonces du Président de la République la semaine dernière, les questionnements sont nombreux sur les modalités du déconfinement progressif dans les écoles. Depuis les premiers jours, la Ville travaille en dialogue très étroit avec l'Education nationale pour l'accueil des enfants des personnels mobilisés dans la gestion de la crise sanitaire.
Le Maire de Grenoble est aussi mobilisé avec les Maires des grandes villes de France dans le cadre du réseau France urbaine, pour que le gouvernement précise ses directives, pour assurer la continuité éducative et la sécurité sanitaire des enfants, des familles et de toute la communauté éducative.
Ils recevront le ministre M. Blanquer ce samedi lors d'une prochaine réunion de France urbaine, afin que l'Etat apporte toutes les précisions nécessaires et que les responsabilités de chacun, Etat et communes, soient clairement définies.

Les chantiers suspendus sauf travaux urgents
S'agissant de la reprise des chantiers, la position de la Ville de Grenoble est connue depuis le début du confinement : « ne pas avancer tous les chantiers comme si de rien n'était : se limiter / s'en tenir à l'indispensable ».
La Ville a donc, dès le début du confinement, suspendu l'intégralité des travaux menés par la Ville et la Métropole, sauf travaux urgents.
L'immense majorité des travaux municipaux et métropolitains resteront suspendus à Grenoble jusqu'au 11 mai, pour réduire la circulation du virus au maximum avant cette date.
Seuls les travaux urgents pour raison de sécurité seront autorisés en équipes très réduites. Il s'agit en particulier des travaux de sécurité des bâtiments et des réseaux d'une part, et d'autre part des travaux permettant d'assurer la sécurité sanitaire de la population face aux épisodes caniculaires probables cet été.
Le Maire de Grenoble a aussi autorisé, à partir de la fin du mois d'avril, des opérations permettant de préparer le déconfinement, notamment le tracé des pistes chronovélo mais aussi des pistes cyclables temporaires évoquées ci-dessus.

Après le 11 mai, les travaux municipaux et métropolitains reprendront de manière graduelle et priorisée. Tout faire repartir d'un coup serait risqué du point de vue sanitaire.
La reprise sera donc progressive et 3 types de travaux seront priorisés à partir du 11 mai :

  • les travaux permettant de préparer au mieux la rentrée de septembre dans les équipements municipaux,
  • les travaux contribuant à réduire l'empreinte carbone du territoire en matière de mobilités, d'isolation des bâtiments ou de transition énergétique,
  • les travaux permettant de mener dans les meilleurs délais les projets de rénovation urbaine dans les quartiers faisant l'objet du projet ANRU

Concernant maintenant les chantiers des constructeurs privés, dont la reprise est encouragée et poussée par le Gouvernement : certains ont repris depuis la mi-avril à Grenoble en effectifs réduits et avec l'application des règles validées par le Gouvernement.
Ces chantiers sont privés et ne sont donc pas sous l'autorité directe des pouvoirs publics locaux. La Ville de Grenoble appelle néanmoins tous les maitres d'ouvrage à faire preuve de la plus grande responsabilité.
Le Maire de Grenoble a écrit ce jour au Président de la fédération du BTP de l'Isère en ce sens et lui a demandé de transmettre aux différents constructeurs la nécessité :

  • de ne mener que les travaux prioritaires avant le 11 mai
  • de veiller à la protection des ouvrier-es tout en s'assurant que l'utilisation de protections utilisées sur les chantiers ne se fasse pas au détriment de la protection de travailleurs et travailleuses de première ligne et bien sûr du personnel soignant
  • de limiter le bruit au maximum. En cas de troubles avérés et répétés, le Maire pourrait prendre un arrêté complémentaire à l'arrêté pris sur les bruits de voisinages pour encadrer les travaux

L'avenir de la clinique mutualiste
Eric Piolle, Maire de Grenoble, déclare : « Alors que nous connaissons, à l'échelle mondiale, une crise sanitaire sans précédent depuis un siècle, et que nos hôpitaux, nos cliniques et l'ensemble des personnels médicaux sont plus que jamais mobilisés, il me semble important de faire le point sur une situation qui nous anime et nous préoccupe depuis plusieurs mois : la vente de la clinique Mutualiste.
La clinique est un établissement de droit privé, mais à but non lucratif : elle participe au service public hospitalier.
Elle est située au cœur de Grenoble mais soigne une population qui dépasse largement les limites métropolitaines.
Elle offre plus de 400 lits et places de médecine, chirurgie, maternité / obstétrique, urgences, cancérologie, soins de suite et de réadaptation. Elle compte le 1er centre privé non lucratif de cancérologie de la région.
La clinique est gérée conjointement par la Mutualité française de l'Isère (MFI) et ADREA Mutuelle. Cette dernière est majoritaire dans le Conseil d'Administration et a annoncé en juin 2019 sa décision de vendre le groupement.
Hélas, et c'est grave, la vente de la clinique à un acteur du secteur privé lucratif n'est pas exclue. La Ville et la Métropole ont soutenu le projet alternatif et coopératif porté par ses salarié-es et ses usager-es. Ce projet n'a malheureusement pas été retenu...
Parmi les trois candidatures pré-sélectionnées, l'une d'entre-elles relève du privé lucratif. Cette candidature doit de fait être écartée. Il est indispensable qu'une offre de soins diversifiée et accessible à toutes et à tous perdure sur notre territoire. Ce que nous vivons actuellement nous le rappelle chaque minute. Notre santé n'est pas à vendre, elle n'est pas à brader.
Les négociations avec le groupement mutualiste sont vives : rien ne garantit aujourd'hui que la clinique ne soit pas vendue à un repreneur qui n'hésitera pas à spéculer au mépris de notre santé. Ce n'est pas acceptable. Le vieux monde est derrière nous et il doit le rester.
Dans les prochains jours, j'échangerai avec le Président de la Métropole pour faire le point sur la situation. De nombreux autres maires et parlementaires du territoire sont également très attentifs et vigilants au devenir de la clinique. »