Remorquer le végétal jusque dans les rues minérales

Transitions

Publié le 31/03/2021

Dans le cadre de La Remorquerie, des anciennes remorques végétalisées sont installées ci et là. Pour la Biennale des villes en transition, Carole et Emile racontent leur expérience.

Après avoir suivi la même formation en architecture, Carole Fournier et Emile Bertier se sont installés dans la même rue : la rue d'Alembert. Très vite, chacun-e a fait le même constat : la circulation automobile prend une large place dans cette rue à sens unique qui relie le cours Berriat aux grands boulevards.

Afin de susciter la réflexion et insuffler une dynamique, les deux voisin-es se sont lancés dans le projet «pirate» de La Remorquerie. A deux, ils ont acheté une remorque d'occasion et l'ont transformée en une grande jardinière à aromates. Celle-ci est installée sur une place de stationnement, comme un espace de respiration.

«On a lancé cette première remorque au printemps avec l'idée d'occuper une place et que ce soit un équipement à destination des habitant-es», raconte Emile. «L'idée c'était que les gens se l'approprient et viennent l'entretenir, que ça devienne un lieu de croisements.»

Une «piraterie» qui suscite l'intérêt

Dès les premiers jours, la première remorque était un succès selon les deux cultivateur-rices amateur-rices. Alors ils ont repris le concept à hauteur de la Maison des Habitant-es Chorier-Berriat. Et l'idée prend de l'ampleur avec une douzaine d'habitant-es impliqué-es et avec le souhait de la Ville de Grenoble d'accompagner le projet.

Une demande de bacs à jardiner est en cours dans le cadre du dispositif Jardinons nos rues et l'idée pourrait bien s'étendre à une réflexion plus globale sur la rue d'Alembert, avec une centralité végétale autour de la MdH, de la piscine et des associations installées dans l'ancienne crèche.

«On a créé La Remorquerie pour susciter un déclic. Il y a toujours quelqu'un autour de la remorque», continue Carole.

«Aux beaux jours, il y avait une dame qui venait prendre deux ou trois brins de menthe. Si c'est juste pour ça, déjà moi, ça me fait super plaisir. Je trouve que ça apporte un petit quelque chose dans la journée. Ce n'est pas grand chose, une odeur qui peut nous rappeler un souvenir... juste un petit truc libre comme ça, ça fait toujours du bien.»


 

Pour vous, Carole, qu'est-ce que l'essentiel ?

Pour vous, Emile, qu'est-ce que l'essentiel ?