© Juliette Villard

Grenoble 2040, une ville du « prendre soin » ?

A la surcharge du système de soin, à l’invisibilité des métiers, à la forte pénibilité du travail, aux rémunérations peu attractives, à la surcharge de travail, s’ajoute des évolutions et changements profonds de société qui impactent l’état global des populations et des professionnel-les du soin.

On peut noter parmi ces évolutions l’augmentation des enjeux environnementaux et les impacts sanitaires et sociaux, l’exposition inégale des ménages à ces enjeux (chaleur, bruit, isolation des logements, pollution de l’air), notamment des personnes les plus vulnérables, les inégalités sociales et de santé entre différents lieux de vie, l’augmentation des aidants et aidantes, la dégradation de la santé mentale, l’augmentation des maladies infectieuses et des maladies vectorielles… un futur qui nécessite à la fois d’éviter l’ingérable et de gérer l’inévitable. Il s’agit à la fois d’atténuer et de réduire les causes des changements, et d’adapter nos villes au regard de ces nouvelles manifestations.

Face à ces enjeux qui bouleversent nos modes de vie et notre capacité à vivre dans un état de « bien-être physique, mental et social, et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (définition de la santé par l’Organisation mondiale de la Santé), la mission prospective Grenoble 2040 s’est intéressée de plus près à ces évolutions, dans l’intention d’imaginer ce qui pourrait constituer des potentiels pour une ville du « prendre soin ».

Qu’entendons-nous par « prendre soin » ? Il s’agit d’une dimension plurielle, holistique et multidimensionnelle de la santé. Nous prenons la santé comme un système intégrant les modes de vie et le lien social, les relations et les solidarités interpersonnelles, l’environnement de vie et le cadre de vie. Nous reconnaissons la qualité des logements, des équipements publics, des bâtiments, ainsi que des voies de mobilité, des espaces végétalisés, des espaces publics, des lieux de rencontre, de convivialité et de solidarité, comme des facteurs déterminants de notre bien-être.

Pour imaginer une ville du « prendre soin », nous avons mené quelques entretiens avec des professionnel-les du territoire, des ateliers avec des agents et agentes de la Ville de Grenoble et une soirée prospective avec des habitants et habitantes. Cela a renforcé le diagnostic et fait émerger des idées, qui ouvrent la discussion.

Bonne lecture !