Et si on imaginait une ville du prendre soin ?

Découvrez les travaux des étudiantes du projet "Labo des Possibles", un projet coordonné par Eric Fache (Designer, enseignant chercheur ENSAG-UGA), et animé conjointement par les équipes pédagogiques des deux parcours de Master en design (Master design Résilience et habiter, Master Design de transition(s)).

Le Labo des Possibles

Le Labo des Possibles est une pratique transdisciplinaire du projet de design inscrite dans les perspectives des transitions socio-environnementales. Cette démarche vise à formuler et formaliser des propositions de transformation à la fois situées, plausibles et porteuses de sens. Elle comprend également la production d’objets intermédiaires favorisant le partage, la médiation et la diffusion des connaissances. Au cours du projet, les étudiant-es mobilisent une approche des enjeux complexes fondée sur la pensée systémique, l’enquête documentaire et l’enquête de terrain. Ils et elles développent également leurs compétences en écriture de projet, en analyse critique et en conception créative.
Le Labo des Possibles édition 2025-2026 est un projet coordonné par Eric Fache, Designer, enseignant chercheur E?SAG-UGA, et animé conjointement par les équipes pédagogiques des deux parcours de Master en design (Master design Résilience et habiter, Master Design de transition(s)) : Daria Dubravcic (biologiste), Pierre Lambert (designer), Milena Stefanova (architecte, designer) et Joël Chevrier (physicien).
Ce programme partenarial s’articule autour d’un atelier de projet de design, enrichi par des enseignements consacrés à la pensée systémique à la créativité, au codesign, ainsi qu’aux apports des sciences humaines et sociales pour comprendre les enjeux de transition, formuler de nouveaux horizons créatifs et nourrir le projet. La formation est interdisciplinaire, avec une forte orientation en design ainsi qu'en sciences humaines et sociales

Commande aux étudiantes : à partir de la fresque Grenoble 2040, pour des quartiers favorables à la santé, imaginez un service, un objet, un événement qui favoriserait la santé des habitant-es à horizon 2040.

Quiet-city au centre-ville de Grenoble

Face au recul du commerce et à la vacance des rez-de-chaussée, le centre historique de Grenoble est réinventé comme une “quiet city” centrée sur la santé mentale, le calme et la qualité de vie plutôt que sur la consommation. Le groupe imagine deux parcours de balade dans la ville, orientés selon les envies vers des zones plus fraîches ou plus ensoleillées, en traversant des espaces propices à la quiétude. Les rez-de-chaussée sont transformés en lieux d’échange et de refuge, les « Rez-de-chaussons la Ville », favorisant les pauses, le partage et la convivialité. Les places deviennent des espaces de respiration et de reconnexion à la biodiversité, où la végétation apporte fraîcheur et apaisement, notamment en été. À long terme, cette transformation vise à maintenir l’attractivité du centre en lui donnant une nouvelle identité fondée sur le bien-être, l’observation et la lenteur.

Par Manon Latil, Romane Mouillet Vazquez et Martha Masset

Carte fictive d'itinéraires à Grenoble
Carte fictive d'itinéraires à Grenoble :
Carte fictive d'itinéraires à Grenoble

Place Xavier Jouvin, à la confluence Isère - Saint-Laurent - Chartreuse

La vision du groupe est de remettre en lien les personnes vulnérables avec des éléments naturels structurants du quartier afin de renforcer la santé globale du territoire. Pour y parvenir, le groupe propose de soigner le commun en créant de nouveaux usages partagés de l’espace urbain, capables de recréer du lien social et du soin collectif. Le projet cherche également à favoriser de nouvelles interactions inter-espèces en milieu urbain, en réintroduisant le vivant dans les pratiques quotidiennes de la ville. L’ensemble vise à faire de l’environnement urbain un support actif de santé, de solidarité et de reconnexion au vivant.

Par Lorraine Baccarin, Jade Curien-Huet et Lili Camatta

Un projet très enrichissant grâce aux nombreux moments sur le terrain et d'échanges avec des acteurs variés. Lili Camatta

Alpins-Beauvert à hauteur d’enfants

Le groupe a pour vision de construire à Alpins Beauvert un quartier qui grandit avec ses enfants, où l’espace public devient un lieu d’apprentissage, de partage et de bien-être psychique. Pour y parvenir, il projette la mise en place d’un Conseil des enfants, inspiré du Conseil municipal des enfants (CME), qui en 2040 serait pleinement institutionnalisé à l’échelle de la ville et participerait aux décisions concernant le quartier. Ce dispositif s’accompagnerait d’initiatives concrètes comme des jardins urbains, un marché des enfants et une cuisine nomade, afin de permettre aux plus jeunes de s’impliquer directement dans la fabrication du territoire. L’ensemble vise à faire du quartier un espace vivant, éducatif et inclusif, pensé à hauteur d’enfants et ouvert sur la ville.

Par Eïmy Cherrier, Sandy Miharintsoa et Léa Lavorel

'Ramenons le Drac!' aux Eaux Claires

Le groupe a pour vision de traiter la santé à travers les sens et le bien-être, en s’appuyant sur la présence symbolique de l’eau dans le quartier des Eaux Claires. Il imagine un parcours de santé sensoriel permettant de renouer avec l’histoire du Drac, ses légendes et son lien profond avec le quartier, afin de raviver une mémoire souvent oubliée. L’objectif est de réinscrire la rivière dans l’imaginaire et les usages du lieu, sans forcément faire revenir l’eau physiquement, mais en en réactivant les effets, les récits et les sensations. Ce projet vise ainsi à transformer l’espace urbain en expérience sensible, où la santé passe par l’écoute, la perception et la relation au vivant.

Par Yonah Raffin et Léa Gillot

Ce projet a été très professionnalisant et inspirant. Nous avions une totale liberté en ce qui concerne les méthodes de travail choisies et ça a permis d'obtenir une belle diversité de propositions. Yonah Raffin

Travaux des étudiantes - Drac
Travaux des étudiantes - Drac :
Travaux des étudiantes - Drac

Le quartier comme un corps - Teisseire-Malherbe

Le groupe a pour vision de penser un quartier favorable à la santé en plaçant la dignité comme condition essentielle du bien-être individuel et collectif. Il propose ainsi de renforcer le libre arbitre des habitants et habitantes en leur donnant des moyens concrets de s’exprimer, de se rassembler et d’agir sur la vie de leur quartier. Cette approche invite à repenser les modalités de l’“aller-vers”, afin de créer des formes de lien plus justes, plus réciproques et plus accessibles avec les habitant-es. L’objectif est d’ouvrir de nouveaux possibles en redonnant du pouvoir d’agir et de la place à chacun dans la fabrication du quotidien urbain.

Par Catherine Giang, Diana Usatii et Marine Olivier

Un projet engageant de par son ancrage dans le territoire. Marine Olivier

Villeneuve favorable à la santé socio-environnementale

Le groupe part du constat que le parc Jean Verlhac est principalement traversé mais rarement investi comme un lieu de pause et de vie. Les espaces pour s’asseoir et se poser sont insuffisants, le mobilier favorise peu les échanges, et les dispositifs existants offrent peu d’ombre ou de confort pour s’attarder. Malgré une vie sociale déjà présente, celle-ci manque de supports spatiaux pour se déployer pleinement, notamment au regard du nombre d’habitant-es. Le projet propose donc d'aménager quelques espaces du parc pour amener les habitant-es à se rencontrer de manière informelle et spontanée, en renforçant les conditions de convivialité au sein du parc et en les reliant davantage au milieu naturel, afin de soutenir la santé sociale du quartier.

Par Ambre Dumas, Lorraine Gauvin et Pamela Teddy

Récits comestibles à Capuche-Alliés

Le groupe a pour vision de faire évoluer le quartier d’une simple mixité sociale de co-présence vers une véritable mixité sociale d’échange. Il s’agit de dépasser la juxtaposition des habitant-es pour créer de réelles opportunités de rencontre, de dialogue et de coopération entre usagers du quartier. Le projet s’incarne notamment dans RÉCITS COMESTIBLES, à travers la création de tables communes, conçues comme des espaces partagés où l’on se rencontre, échange et fabrique du lien par l’acte de manger et de raconter. L’objectif est de rendre les frontières invisibles plus poreuses en favorisant le côtoiement dans les espaces publics de la ville, au-delà du seul lieu de résidence, et en ancrant les interactions dans des usages quotidiens et conviviaux.

Par Petra Lesjak, Radia Benzidan, Chilina Houcke-Closi

Ressources

  • Dautrey, J. (2018). Design et pensée du care : pour un design de microluttes et des singularités.
  • Royer, M. et Pellerin, D. (2022). Le design à l’épreuve de l’éthique du care : retour réflexif pour un possible renouvellement des pratiques en design. Sciences du Design, 16(2), 120-137. https://doi.org/10.3917/sdd.016.0120.
  • Design with care, entretien avec Antoine Fenoglio et Cynthia Fleury
  • Le Care Design Lab de L'École de design Nantes Atlantique
  • Cynthia Fleury et Antoine Fenoglio – Philosophie & design sous l’angle du care : pourquoi et comment ? Introduction au «Design with care»