Aussi loin que remonte sa mémoire, Marie Dumont a une passion, un but, une obsession : la neige dans toutes ses dimensions. Je suis fascinée par sa beauté
, tente-t-elle d’expliquer. Je ne comprends pas toutes les raisons mais j’en ai besoin pour être heureuse. Je m’y sens calme et sereine. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres environnements.
Au-delà des loisirs d’hiver qu’elle pratique, la Lyonnaise de naissance a très vite choisi d’en faire son métier en découvrant par hasard un labo qui travaillait sur la neige
. Lancée vers son objectif, elle réalise sa thèse sur les glaciers à l’Institut des Géosciences et son post-doctorat sur la banquise en Norvège.
De la banquise au Sahara
Dès 2011, l’experte intègre le Centre d’Études de la Neige (CEN) comme chercheuse avant d’en devenir la directrice. Initialement, le CEN a été créé pour la prévention des risques avalanche mais balaye aujourd’hui bien plus de thématiques, allant de l’hydrologie à l’écologie en passant par la physique. L’aspect recherche reste très prononcé pour moi car c’est ce qui me fait vibrer.
L’amoureuse des flocons rejoint en 2021 un projet européen sur la neige arctique, peu étudiée jusque-là. La neige n’est pas la même selon l’endroit où elle se trouve. On s’est relayés pendant huit mois dans l’arctique canadien pour étudier le processus de cette neige très étendue et d’une importance très forte pour le climat.
En parallèle, elle travaille sur les impuretés absorbantes
ou colorées
de la neige, notamment à travers le projet collectif sur les microalgues des Alpes ALPAGA. À Grenoble, on observe le sable du Sahara qui recouvre les surfaces sur son passage. Mais d’autres colorations jouent leur rôle dans la vie de la neige, comme les algues des glaciers (violettes) ou les particules de carbone-suie (noires ou grises).
Poésie du paysage
Ce qui est intéressant c’est de comprendre comment ces impuretés changent la fonte de la neige et le risque avalanche.
Comment contribuent-elles à l’évolution de la neige ? Quelles étendues sont recouvertes ? Combien de temps ? Comment se transportent-elles ? Comment se développeront-elles dans le futur ? Comment aident-elles à comprendre le passé ?
Ce sont autant de questions auxquelles la chercheuse tente de répondre. Et ce sont autant de questions abordées dans l’expo Rouge comme neige proposée au Muséum et à laquelle Marie Dumont a activement participé.
Au-delà d’apporter des réponses chiffrées aux demandes sociétales, je pense qu’arriver à transmettre la fascination que l’on a pour la neige est très important car, ensuite, on est plus à même de protéger ces environnements.
À la croisée de la science et de l’art, la neige est un matériau qui apporte beaucoup de poésie dans le paysage
. Et elle reste encore source de mystères. Il reste beaucoup de choses à comprendre, par exemple sur l’interaction neige/végétation ou alors sur le milieu très complexe de la neige humide.
Informations complémentaires
Durée
Rouge comme neige au Muséum jusqu’au 26 juillet. Rencontre avec Marie Dumont le 11 mars à 16 h 30.
à lire en complément
l’agenda associé
- du Samedi 11 octobre au Dimanche 26 juillet
Muséum de Grenoble
Exposition
