Photo de groupe des services civiques.
© Sylvain Frappat

Service civique : à l’école de la citoyenneté

S’engager dans un projet porteur de sens, trouver un nouveau souffle, se créer une expérience : le service civique a de nombreux atouts. À Grenoble, il est aussi une école de la citoyenneté et du collectif.

Enfance et Jeunesse

Par Pandora Delouis Reggiani, publié le 28 août 2026

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L’entrée dans l’âge adulte est jalonnée de premières expériences. Le service civique peut en être une. Pendant six mois, des jeunes s’engagent dans une mission d’intérêt général au sein de la Ville. Ces garçons et filles y acquièrent une première expérience, découvrent le service public et, à Grenoble, vivent une véritable aventure collective : séjours, groupes de travail, projets communs… Petit tour du dispositif et rencontre avec quatre membres de la promotion 2026.

Entrée guidée dans la citoyenneté

En 2026, la Ville de Grenoble et le CCAS accueillent 37 jeunes volontaires en service civique. Ici, l’expérience se vit en promotion. La mixité est au cœur du projet, comme l’explique Kamel Bensaïd, agent du service jeunesse et pilote du dispositif : Nous voulons que des jeunes qui ne se seraient jamais rencontrés autrement puissent se connaître et s’enrichir mutuellement : certain-es découvrent des idées de parcours inspirantes, d’autres prennent conscience que tout le monde ne part pas du même endroit.

Pour aller vers des profils variés, le service jeunesse s’appuie notamment sur les correspondant-es jeunesse présents dans les différents quartiers afin de rencontrer les jeunes les plus éloignés des institutions.

En janvier, les volontaires partent trois jours en moyenne montagne. Au programme : formation, repas partagés et animations imaginées par le groupe. Pendant les six mois, ils se retrouvent chaque mois pour échanger autour de la citoyenneté, découvrent l’Hôtel de Ville et se forment aux premiers secours, à la laïcité, aux valeurs de la République et à la lutte contre les discriminations.

Chaque promotion prépare également un voyage collectif. La promotion 2026 s’est rendue à Bruxelles pour découvrir le Parlement européen, le musée de l’Europe et la mairie de la capitale belge. Les six mois s’achèvent par un temps de restitution au cours duquel chaque volontaire présente sa mission. Ils ont reçu leur attestation des mains de Meriem Naili, adjointe à la Maire déléguée à la jeunesse. Un moment de fierté partagé.

Six mois en immersion, des missions diverses

Le service civique est ouvert aux Grenoblois-es de 16 à 25 ans, qui candidatent via le site national du service civique. Après un entretien, les volontaires rejoignent un service municipal pour six mois, pendant 24 heures par semaine. Les personnes perçoivent une indemnité mensuelle de 619 euros et sont accompagnées par un tuteur ou une tutrice, avec l’appui du service jeunesse.

Les volontaires ne remplacent jamais un-e professionnel-e : ils viennent renforcer des missions d’intérêt général. Petite enfance, sport, animation, culture, solidarité, lien intergénérationnel… les domaines sont nombreux. Cette année, un volontaire a par exemple contribué à l’organisation du Cabaret Frappé et de la Fête des Tuiles. D’autres missions concernent les domaines de la santé et de l’environnement.

Un apport pour les volontaires… et pour les services

Pendant six mois, les volontaires découvrent un projet, mais aussi une manière d’agir ensemble. Pour certains, le service civique confirme un projet professionnel ; pour d’autres, il ouvre de nouvelles perspectives ou permet de retrouver un élan après une période de rupture. Avec l’appui des tuteurs et tutrices, ils reprennent confiance et trouvent leur place dans un collectif.

L’expérience profite aussi aux services municipaux. En tant qu’usagers et usagères du service public, les jeunes portent un regard neuf sur les projets qu’ils et elles accompagnent. Pour la Ville, c’est également une façon de transmettre les valeurs du service public… et, peut-être, de susciter de futures vocations.

Et les chantiers jeunes ?

Le service jeunesse coordonne aussi les chantiers jeunes, un autre dispositif d’engagement destiné aux 16-20 ans. Chaque année, 160 jeunes rejoignent pendant une ou deux semaines des associations du territoire. Les places étant limitées, un tirage au sort est organisé devant un huissier de justice. Prochain recrutement : en octobre, pour les vacances d’automne.

Ils et elles témoignent

Gallianne Maignan, animatrice confirmée

Gallianne a 22 ans. Elle sait de longue date qu’elle veut devenir animatrice. Titulaire d’un BUT de carrières sociales, elle a renforcé son expérience à la Chaufferie, en soutien à l’équipe d’animation et d’accès aux droits. Sa fierté : avoir organisé un événement en lien avec les droits des femmes. Le bilan est positif : elle reste temporairement animatrice à la Chaufferie, pilotant seule l’organisation d’un mini-séjour en bivouac. Elle confirme sa vocation, désormais prête à travailler avec des publics de tous âges.

Jalil Amnouar Herhour, le soin des tout-petits

Jalil, 19 ans, ne se sépare jamais de son casque. Il voulait confirmer son souhait de travailler au contact d’enfants. C’est au Transfo qu’il a découvert le service civique. Il a intégré l’Art tendre pour six mois, animant cet espace de culture ouvert aux tout-petits et à leurs parents. Il raconte un moment d’émotion : un enfant qu’il avait vu grandir et marcher est venu lui faire un câlin. Futur alternant à l’éco-crèche la Voie Lactée, il est désormais bénévole au Transfo.

Nolan Defrain, le sport en partage

Nolan a intégré le service sports et quartiers. Avec son tuteur, ce fut l’entente immédiate : Je n’avais pas le sentiment d’être un simple service civique mais un membre à part entière de l’équipe. C’est en voyant des personnes en situation de handicap s’amuser pendant un atelier de boxe du mercredi qu’il a été particulièrement touché. Sortie positive pour lui : il intègre une formation de BPJEPS en alternance, toujours au sein de Sports et Quartiers.

Rahissa Badibanga, transmettre le beau

Rahissa a 25 ans et déjà plusieurs vies devant elle : études de communication, petits boulots événementiels, séjour au Canada, engagement associatif. Elle a rejoint le musée de Grenoble en appui à la nocturne des étudiant-es et à une opération du musée hors les murs. Un projet de médiation monté avec deux volontaires pour 15 jeunes de la Chaufferie l’a marquée. Elle annonce en riant le jour de l'interview : « J'ai même rêvé du musée hier soir. » Elle poursuit cette rentrée sa formation à travers un master.