Quelle est l’origine des relations internationales entre collectivités locales ?
Elles apparaissent après la Seconde Guerre mondiale, principalement entre les pays européens pour construire des relations de paix dans une optique de réconciliation. Des liens se sont ensuite tissés avec l’Afrique après l’indépendance des colonies. Cette coopération a évolué peu à peu puisqu’on est passé d’une relation asymétrique d’aide au développement du Nord envers le Sud à un partage d’expériences réciproque et constructif.
Comment cela se traduit-il ?
Tout d’abord par des jumelages avec d’autres villes qui ont les mêmes profils, les mêmes priorités et donnent lieu à des rencontres culturelles, des accueils de délégations, des formations… Aujourd’hui, on observe une vraie diversification des actions qui s’appuient sur tout un travail de la société civile, les collectifs d’habitant-es, les associations, les universitaires, bref, tous les acteurs du territoire impliqués dans la gouvernance locale. Cet élargissement se concrétise par une intensification significative de la mise en réseau des villes qui ont des engagements sur des sujets spécifiques.
Quelles sont ces thématiques ?
Beaucoup mettent en avant le changement climatique et la transition écologique à travers C40 (Cities Climate Leadership Group), ICLEI, Rainbow Cities… Le volet sanitaire a également été très présent lors de la crise du Covid, avec des échanges de bonne pratique entre villes de tous les continents. Enfin, depuis quelques années, on note une forte mobilisation des villes autour du féminisme et de l’égalité des genres ou encore des questions migratoires et des droits humains.
Quel poids peut avoir cette mobilisation ?
Elle sert à témoigner des actions mises en œuvre, à passer le message à d’autres acteurs, et à faire remonter le plus haut possible les revendications citoyennes. Il y a deux ans, l’ONU a créé une commission des gouvernements locaux, ce qui donne une reconnaissance internationale à cette parole ! C’est une avancée très positive qui devrait permettre une meilleure écoute des attentes qui s’expriment sur le terrain.
Et à l’échelle du territoire ?
La coopération internationale permet de résoudre des problématiques locales et d’améliorer la qualité de vie grâce à nos partenaires en allant chercher auprès d’eux des solutions, des ressources et en s’inspirant de politiques publiques qui fonctionnent bien. La visibilité des villes renforce aussi leur attractivité économique pour séduire les entreprises, créer des emplois ou de nouveaux marchés en valorisant les produits locaux. C’est enfin une source de richesse culturelle grâce à une politique d’ouverture qui encourage l’accueil de personnes du monde entier.
