Podcast : imaginer demain à Grenoble

Imaginer demain, c’est un luxe quand tout nous incite à l’urgence. C’est ce que des citoyennes, des chercheurs et chercheuses et des acteurs publics vous proposent de faire au micro du podcast «Grenoble, chemins futurs».

Société

Par Pandora Delouis Reggiani, publié le 28 août 2026

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Canicules, guerres, polarisation des débats… autant de raisons pour avoir un esprit en mode survie. Voir loin est une capacité qui devient parfois inaccessible dans ces conditions et l’utopie nous permet de faire un pas de côté par rapport à la réalité, voire de commencer à transformer le réel. Ces utopies ne reposent pas sur la simple imagination, mais s’appuient sur une vision documentée de la société. En matière urbanistique et politique, c’est un angle pertinent.

Claire Revol, maîtresse de conférences à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine, et Étienne Ciapin, docteur en sociologie et en relations internationales, proposent un cours commun à l’IUGA et ont fait imaginer à leurs étudiant-es des utopies à partir de la fresque Grenoble 2040. Ils identifient un point commun entre toutes les utopies : le lien entre organisation de l’espace et conception de la société.

Image décorative
Image décorative :
Claire Revol et Étienne Ciapin.
© Sylvain Frappat

Nous les trouvons dans les bibliothèques avec Thomas More, Alain Damasio, Bernard Werber et Charles Fourier… et depuis cet été, sur toutes les plateformes. La Ville de Grenoble se fait autrice pour vous faire imaginer des lendemains qui chantent, qui nagent et qui font lien, avec le personnage d’Eva, née en 2022. Découvrez Grenoble, chemins futurs.

Refaire lien sur le temps long

Redonner sa valeur au temps long, dans une société de l’efficacité, est un pari : le podcast le tient. Il revalorise l’attention et nous permet de reprendre le temps de l’analyse et de l’échange, explique Sophie Debillon, qui pilote le projet à la Ville de Grenoble. Une année a été nécessaire pour rencontrer les témoins et traiter cette matière abondante.

Ce temps long tisse ensemble les expériences : usager-es des Maisons des Habitant-es, citoyen-nes croisés en micro-trottoir, chercheuses et chercheurs, agent-es publics qui construisent déjà la ville de demain. La tâche est ardue, mais c’est avec tous nos vécus, tous nos savoirs et en nous écoutant que nous allons bâtir nos solutions, résume Deborah Ozil, la créatrice du podcast.

Le futur par et pour toutes et tous

Deborah Ozil parle à ce sujet de fracture sociale de l’imaginaire, identifiant les mêmes biais sociaux qu’en participation citoyenne. Elle a choisi de faire entendre une parole diverse et le résultat a été enthousiasmant.

Elle a rencontré au fil des entretiens des personnes peu habituées à l’interview, qui portaient une vision dans leur chair et ajoutaient au récit une dimension exaltante : Certaines personnes ont pleuré au micro. Ce que nous vivons aujourd’hui est rempli d’incertitudes et nous avions envie de redonner de l’optimisme et de l’incarnation, commente la podcasteuse.

Ce travail de prospective, assis sur des données scientifiques et statistiques, a été mené sous un angle pédagogique : chaque terme inhabituel est expliqué par la personne interviewée.

Six thématiques du quotidien

Diffusé à partir de l’été 2026, à raison d’un épisode tous les quinze jours, ce podcast est porté par Eva, une enfant fictive née en 2022, l’année où Grenoble a été désignée Capitale verte de l’Europe, point de départ de la démarche de prospective Grenoble 2040, qui se projette jusqu’à la majorité de sa génération. Un choix de narratrice qui invite à se demander quel monde nous voulons laisser aux générations futures.

À travers sa voix : l’alimentation, l’habitat, le soin et l’entraide, l’apprentissage tout au long de la vie, l’eau… L’IA n’en fait pas partie et c’est un choix. La place de l’IA dans notre vie correspond à une histoire du monde qu’on nous raconte. Mais il n’y a pas que ça. Nous avons voulu laisser la place à d’autres récits avec l’équipe de Grenoble, justifie Deborah Ozil.

Quel accès aux soins pour demain ?

Florian Marcon, responsable du territoire jeunesse des secteurs 2 et 5 à la Ville de Grenoble, a accompagné des étudiant-es de l’UGA venus recueillir la parole de jeunes usagers et usagères de la Chaufferie sur leur accès aux soins. Le projet s’inscrit dans un atelier d’une semaine proposé par Federica Gatta à des étudiant-es. Le constat est amer : La quasi-totalité des jeunes interrogé-es n’avait pas de médecin traitant, et les problématiques de santé mentale manquent de spécialistes sur le territoire. Quand on est en mode survie, la capacité à se projeter est limitée. Le travail a débouché sur un triptyque : fluidité du parcours de soins, mobilités, prise en charge du handicap et de problématiques liées aux addictions. La Chaufferie est déjà soucieuse de ces sujets, avec des temps dédiés à l’accès aux droits et à la réduction des risques.

Baignade en ville

Élise Lemercier, urbaniste et cofondatrice du collectif Les Gens qui ont chaud (membre du réseau international Swimmable Cities), a mené une étude pour la Ville sur la baignabilité de l’Isère avant de passer à l’action. Contrairement aux croyances, c’est possible : les prélèvements bactériologiques sont bons, sauf après un orage, où il faut attendre 24 heures avant de se baigner. Une initiative pour ancrer l’idée que se baigner en ville fait du bien, pour désengorger aussi les lacs de montagne.

La qualité de l’air, c’est pas sorcier !

Gaëlle Uzu, chimiste de l’atmosphère à l’UGA, étudie la pollution et ses liens avec la santé, avec le soutien d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et des élu-es du territoire. Ce soutien me permet de tester mes hypothèses en grandeur nature, à l’heure où certains discours décrient la science. Elle souligne la possibilité pour certaines mesures concrètes de produire des effets rapides, et cite plusieurs solutions facilement accessibles au public : l’appli AirtoGo, qui propose les trajets les moins pollués, ou l’illumination du pylône du téléphérique, avec le concours d’Atmo.

Informations complémentaires

Durée

Rendez-vous sur grenoble.fr et sur toutes les plateformes d’écoute pour découvrir l’ensemble des épisodes.