Exposition sensorielle Le Petit Musée Blanc de l’illustratrice Pénélope à la bibliothèque Colombine.
Une personne renifle des boîtes à senteurs, les yeux bandés.

© Pénélope

Une autre façon de vivre et de créer ensemble

En novembre, le Mois de l’accessibilité invite les Grenobloises et les Grenoblois à partager des expériences artistiques, sportives et culturelles, sous le signe de la créativité. Cette édition appelle à la convivialité et à la capacité de chacune et de chacun d’innover et de faire œuvre artistique. Rendez-vous dès à présent à l’Hôtel de Ville avec le spectacle Danse ta couleur, sur les émotions.

Solidarités

Par Pandora Delouis Reggiani, publié le 5 nov. 2026

Article

Écouter une danse sans la voir, découvrir un bâtiment du bout des doigts, chanter en langue des signes : le programme multiplie les façons de découvrir et de créer. Musée, bibliothèque, salles de spectacles et associations rivalisent de propositions.

Certaines initiatives de novembre se construisent sur la durée, comme les ateliers chorégraphiques de la compagnie Frontières, en partenariat avec l’AFIPH, la maquette de la Belle Électrique coréalisée par l’AVIPAR et la salle de spectacle. Ici Même, Les 40 Batteurs, le Pré Vert et la compagnie Désordre Imaginaire s’inscrivent également dans cette démarche au long cours.

Dans les bibliothèques, l’accessibilité se chante

Le 7 novembre, la bibliothèque Colombine (Arlequin) inaugurera l’exposition Le Petit Musée Blanc de l’illustratrice Pénélope, qui explore diverses sensorialités. Le 19 novembre, c’est la bibliothèque Gisèle-Halimi qui accueillera un spectacle de chant signé sur des airs de Stromae.

L’acteur Igor Casas et l’actrice Marie Lemot, de la compagnie Les Petites Mains, jouent les histoires que raconte chaque chanson. Le chant signé permet une lecture plus vivante, plus théâtralisée qu’une traduction plus classique en LSF, explique Marjorie Naddeo, responsable des relais lecture et de la mission handicap des bibliothèques.

Toutes deux personnes entendantes, elles ont chacune un parent sourd ou malentendant. Ce sont deux des 20 événements proposés par le réseau des bibliothèques pendant le mois.

Durant l’année, Marjorie Naddeo coordonne les achats de documents accessibles et la formation des équipes. Entre autres adaptations, depuis 2019, chaque bibliothèque dispose d’un rayon identifié de livres accessibles pour les enfants ; le dispositif a été étendu aux adultes il y a un an.

Certain-es bibliothécaires sont par exemple formé-es à l’usage des pictogrammes, qui peuvent enrichir la médiation autour d’un livre, par exemple auprès d’enfants atteints d’un TSA (trouble du spectre autistique), qui lisent difficilement les expressions du visage.

Au Conservatoire, une démarche toute l’année

Le Conservatoire Nina-Simone conduit lui aussi une démarche spécifique. À l’annexe Berlioz, Mathis, élève en préparation aux grandes écoles de théâtre, improvise la biographie de Valérie, musicienne en situation de handicap. Elle ponctue le récit de notes, lui adapte sa posture à son jeu. La musicienne dirige désormais les mouvements du comédien. Nous avons créé ensemble, dit-il.

La scène est née des répétitions de Présences, spectacle orchestré par Chloé Nespoulet, référente musique et handicap du Conservatoire. Il réunit des élèves de différentes disciplines et des personnes en situation de handicap moteur, et se tiendra le 18 novembre au Conservatoire.

Nous sommes toutes et tous à égalité sur la création et la présence, souligne Patricia Thévenet, enseignante de théâtre. On produit des inattendus, on accueille l’imprévu, ajoute Mathis.

Son camarade Kyrius renchérit : Une élève de théâtre, Noémie, a improvisé avec une élève de musique en situation de handicap. Elles ont commencé à se moquer de nous, parce qu’elles en avaient envie. Nous pouvons vivre et rire ensemble sans aucune barrière, mais pour cela, il faut que nous soyons ensemble.

À l’année, l’établissement accueille des élèves en cursus classique avec aménagements, ou en parcours programme, aux objectifs individualisés. Ses équipes interviennent aussi en ULIS (Unité localisée pour l'inclusion scolaire) et auprès d’enfants ayant un handicap sensoriel.

Elles accueillent également des élèves en situation de handicap au cours d’ateliers. Référentes et référents handicap, formations et échanges avec les familles permettent ce travail dans la durée.

Quand l’ingénierie aide à jouer

Depuis 2009, l’association AE2M réunit musicien-nes, ingénieur-es et professionnel-les de santé pour adapter des instruments du commerce à des personnes ayant un handicap moteur. Nous structurons la solution autour de trois éléments : l’utilisateur ou l’utilisatrice, la situation de handicap, l’instrument de musique, explique Guillaume Thomann, enseignant-chercheur à Grenoble INP.

Un bouton peut déclencher une percussion ; un dispositif électromécanique permet de jouer de la guitare. À titre d’exemple, l’un des projets aide une enfant ayant des difficultés respiratoires à apprendre la flûte. Les personnes concernées participent à la conception : il ne s’agit pas de jouer à leur place, mais de leur donner les moyens d’exprimer leur musicalité.

Créer, apprendre, inventer ensemble : l’accessibilité se cultive bien au-delà de novembre.

Toutes et tous concerné-es

Portrait de Kheira Capdepon
Portrait de Kheira Capdepon :
© Sylvain Frappat

Kheira Capdepon, adjointe en charge des personnes âgées, de l’intergénérationnel et de l’accessibilité :

L’accessibilité, ce n’est pas seulement adapter les transports et les bâtiments. C’est permettre à chacune et à chacun de trouver son rythme et d’être soi-même. Pour Kheira Capdepon, novembre doit favoriser les rencontres : Les événements du Mois de l’accessibilité sont ouverts à tous les Grenoblois-es. Car ce qui concerne les personnes en situation de handicap nous concerne toutes et tous.

Écouter la danse autrement

Le 19 novembre, au Pacifique, Le Rhume du Son et le Centre chorégraphique national proposent une émission de radio publique sur la création sonore et l’audiodescription, suivie d’une écoute de la danse, notamment les yeux bandés. Outre la démarche d’accessibilité à l’œuvre, c’est une autre façon de percevoir la danse. On confie beaucoup de notre perception du monde à la vue, observe Alice Mellul, du Rhume du Son. Cette expérience sera partagée entre personnes voyantes et déficientes visuelles.

Informations complémentaires

l’agenda associé

Centre sportif Jean-Philippe Motte

Sport

  • du Dimanche 1 novembre au Lundi 30 novembre

Grenoble

Festival