5 rues de Grenoble en 2076 et 2126

Comment allons-nous vivre à Grenoble en 2076 ? Et en 2126 ? Bien que les plans 2030 ou 2050, ou 2100 aident à définir des objectifs et un plan d’action, nos villes continuent d’évoluer et de se transformer. Aussi, il ne s’agit pas seulement d’adapter nos territoires à +2° ou +4°, mais d’atténuer les bouleversements qui impacteront profondément nos environnements et nos modes de vie. Nourrir les imaginaires avec des visions utopiques, positives du futur sont utiles à bien des égards, mais peuvent omettre une partie de la réalité scientifique. Aussi, les visions dystopiques du futur peuvent paralyser et provoquer des peurs, un sentiment d’éco-anxiété. Quel prisme faut-il choisir pour évoquer le futur ? Quelle émotion faut-il susciter pour enclencher des actions collectives ?

Des étudiant-es du Master Montagnes, Architectures, Paysages de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Grenoble (ENSAG) ont exploré ces questions en projetant cinq rues grenobloises à horizon 2076 et 2126. Les étudiant-es ont été encadrés par Mathias Rollot, co-directeur du master, maître de conférence et enseignant-chercheur à l’Ensag, avec les interventions Daphné Hamilton-Jones (designeuse, doctorante en architecture), Marine Beuerle (architecte, chercheuse en humanité environnementale), Inès Bel Mokhtar (dé-designeuse), Lisa Suchier (architecte), Nicolas Tixier (architecte, urbaniste, chercheur).

Ils et elles avaient pour cadrage pédagogique quelques recommandations :

  • 2049, ce que le climat va faire à l’Europe, comme point de départ et socle scientifique. L’objectif étant de ne pas prendre le climat dans un caractère simpliste et isolé, mais de considérer les boucles de rétroaction, les réactions en chaîne, les problématiques socio-environnementales.
  • La complexité : c’est-à-dire de ne pas tomber dans une vision binaire du futur : utopique ou dystopique. L’avenir est incertain, fait de complexité, de tensions, de frictions, de conflits, d’opportunités, de fenêtres d’actions, qu’il s’agira d’évoquer dans les hypothèses envisagées.
  • La continuité et la rupture : il s’agit de considérer que certains bâtiments auront disparu, d’autres se seront transformés, réinventés, tout autant que le paysage dans sa globalité.
  • Agentivité plus qu’humaine : porter une attention à l’autre qu’humain, à tout ce qui est vivant, à toutes les relations d’interdépendances entre humains et non-humains
  • La scénarisation : se positionner comme auteur et autrice d’un monde en devenir avec ses acteur-ices.