Le cimetière est un lieu inattendu pour se promener à Grenoble, et pourtant… Chaque saison a ses particularités en ces lieux, ses visiteurs, humains ou non, ses couleurs, ses histoires. Des histoires, il y en a à foison à raconter.
Ce n’est pas l’association Saint-Roch - Vous avez dit cimetière qui dira le contraire, elle qui propose régulièrement des visites à la découverte des personnalités politiques, artistiques, industrielles, militaires, religieuses ou encore scientifiques grenobloises. Saint-Roch, c’est le plus vieux cimetière de Grenoble : le conseil municipal l’a créé en 1808, malgré les protestations des habitant-es, autour d’une chapelle dédiée à Saint-Roch. 800 tombes sont classées remarquables.
Pour se faire une petite idée, sans bouger de son canapé, de cet incroyable patrimoine, allez faire un tour sur la page Saint-Roch de grenoble.fr où vous attend une visite virtuelle et interactive de 11 tombes…
Hôtes à plumes et à poils
Les personnes qui viennent se recueillir, celles et ceux qui viennent s’instruire, les promeneurs et promeneuses qui recherchent le calme et l’ombre des arbres en été ne sont cependant pas les seul-es à fréquenter les lieux.
Une petite faune discrète mais bien présente a élu domicile, trouvé gîte et couvert dans les allées, les massifs de fleurs et les arbres. Écureuils, chauves-souris (bien utiles contre les moustiques), papillons, oiseaux, lapins, lézards, renards sont quelques-uns des marqueurs de la biodiversité des deux cimetières.
Et au-delà de l’exubérance colorée des gerbes de la Toussaint, de nombreuses plantes apportent leur touche et leur ambiance.
Aménagements paysagers
L’heure est d’ailleurs à la végétalisation. Les jardinières à l’entrée du Grand Sablon vont laisser place à des fosses en pleine terre et des massifs fleuris. Des jardins secs sont disposés çà et là : leurs végétations (sauges, hélichryses, yuccas…) ne nécessitent aucun arrosage… Grenadiers et arbousiers, connus pour leur résistance à la sécheresse, vont bientôt les rejoindre.
Les allées sont peu à peu décroûtées, c'est-à-dire désimperméabilisées, pour laisser place à de l’enherbement. Toute cette végétalisation a pour objectif de créer des îlots de fraîcheur et rendre plus supportables les visites aux belles saisons.

Des évolutions sociétales
À Saint-Roch, dans l’hémicycle et le long du mur du chemin de halage, là où des concessions ont été ou peuvent être reprises, la Ville mène le projet de créer un lieu où les inhumations seront les plus naturelles et les plus respectueuses possible de l’environnement. Les grands principes : cercueil en bois non traité, pas de soin de thanatopraxie, habillement en fibres naturelles, pas de monument…
Les aménagements privilégient la plantation d’arbres éloignés des espaces de sépultures, des allées enherbées, des prairies fleuries et de simples stèles. Une inhumation naturelle qui sera accessible aux familles dès ce printemps.
Entretien des cimetières : qui fait quoi ?
Les familles doivent :
- maintenir en bon état les pierres tombales, les bordures et les stèles
- entretenir la végétation (plantée dans un pot et non dans la terre) de la concession
- lutter contre le moustique tigre (du sable mis à disposition peut remplacer l’eau des soucoupes)
- prévenir le personnel des cimetières et des affaires funéraires de tout changement d’adresse des titulaires et des ayants droits de la concession.
La Ville doit :
- assurer l’accueil du public du lundi au samedi
- entretenir les lieux et les espaces (allées, taille des arbres, reprise des concessions abandonnées)
- mettre à disposition du public du matériel (sable, chariot, arrosoirs, bancs, points d’eau)
- mettre à disposition des poubelles pour les déchets et les végétaux.
Les cimetières en chiffres :
- Grand Sablon : 6 hectares
- Saint-Roch : 13 hectares
À eux deux, les cimetières comptabilisent :
- 22 km d’allées
- 3 carrés militaires
- 1 carré musulman
- 1 carré israélite
- 2 jardins du souvenir pour la dispersion des cendres
- 1 198 cases en columbarium
- 25 908 concessions (soit 32 956 emplacements !)
- 268 emplacements en terrain commun
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