Une mosaïque représente des serpents entourant un crocodile.
© Mathieu Nigay

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

[Insolite] du latin «insolitus» : «inaccoutumé». «Qui étonne par son caractère inhabituel, qui surprend parce qu’il sort de l’usage», dit le Larousse. Derrière son image de ville innovante et sportive, Grenoble recèle des curiosités ar(t)chitecturales de toutes sortes : un bestiaire fantastique sur ses façades, des rues aux noms croustillants, des détails farfelus ou des découvertes inattendues... Gre.mag a fait le plein. Suivez la guide !

Patrimoine et Histoire

Par Isabelle Ambregna, publié le 26 févr. 2026

Article

Il y a des communes qui par leur nom créent tout de suite l’étonnement : Angoisse (Dordogne), Mouais (Loire-Atlantique), Glandage (Drôme) ou Poil dans la Nièvre… Il y a aussi les atypiques : Collonges-la-Rouge aux rues en grès écarlate, Sant’Antonio, nid d’aigle corse accroché à un piton de granit rose, Gassin dans le Var qui abrite l’Androuno, la rue la plus étroite du monde (29 cm !), pour n’en citer que quelques-unes…

Rien de tel à Grenoble. Une ville d’ingénieurs oui, sportive dans l’âme (Grenoble, déplacer les montagnes, Philippe Gonnet, Collection L’âme des peuples 2019) encore oui, internationale évidemment, mais insolite ?

Et pourtant, à bien la regarder, la ville la plus plate de France versus les massifs montagneux qui l’entourent (où l’on pédale skis sur le dos !), recèle des curiosités qui méritaient bien un dossier.

Si l’on ne s’étonne plus des Trois Tours (qui culminent à 100 mètres de hauteur et furent tout de même les plus hautes d’Europe dans les années soixante) ni de la circonférence de l’anneau de stockage (844 mètres) du Synchrotron construit en pleine ville, et à peine de ses innovations pourtant incroyables (à l’instar du nez électronique d’Aryballe Technologies !), d’autres « phénomènes » restent hors normes et pour le moins décalés.

Ville des possibles

Il n’y a, en effet, rien de banal ni d’attendu de voir surgir au détour de la minuscule rue du Trocadéro une maison bleu Majorelle aux allures de cabane mexicaine, encore moins une mangrove monumentale dans l’ancien cloître du Musée dauphinois, ou encore de tomber nez à nez, en plein centre-ville, avec une tribu de chamois, d’ours, d’éléphants – peints ou sculptés, rassurez-vous, mais quel foisonnement et quel bestiaire !

(Re)découvrir une ville – sa ville –, c’est aussi faire un pas de côté et décaler son regard pour se laisser surprendre tout le temps, partout, y compris par l’existence d’une rue des Montagnes-Russes, d’une autre du Fer-à-cheval ou des 400-Couverts…

Derrière ces odonymes (noms de rues) pittoresques et ces « fantaisies » architecturales et patrimoniales, c’est l’identité de Grenoble (labellisée Ville d’Art et d’Histoire) qui cultive l’ouverture et la création, corollaires de l’insolite. Dans une « ville des possibles » (Grenoble, histoire d’une ville, sous la direction de René Favier - Éditions Glénat 2010), il y a toujours de quoi rester curieux, curieuse et, pour le moins, s’émerveiller… Bonne visite !

Sources bibliographiques :

  • Les rues de Grenoble, Paul Dreyfus - Éditions Glénat (1992).
  • Rues de Grenoble, Gilbert Bouchard - Éditions Glénat (2018).
  • Grandes et petites histoires des rues du quartier Exposition-Bajatière - Patrimoine et développement (2007).
  • Grenoble, le patrimoine au cœur ! Gilles Peissel - Ville de Grenoble (2005).
  • Grenoble, histoire d’une ville, sous la direction de René Favier - Éditions Glénat (2010).
  • Street art fest & Spacejunk art center Grenoble.
  • Office de Tourisme Grenoble Alpes.

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