Eglise Saint-Jean
Le toit de l'église présente plusieurs fenêtres pointues réparties en cercle.

© Maurice Duverney-Pret

Un cabinet de curiosités ar(t)chitecturales

Pour une immersion immédiate, empruntez la rue du Trocadéro – l’une des plus étroites de la ville – où se niche la Casazul. Avec son allure de cabane de bord de mer, on se demande ce qu’elle fait là…

Patrimoine et Histoire

Par Isabelle Ambregna, publié le 26 févr. 2026

Article

Depuis sa construction, en lieu et place d’une ancienne boulangerie, la maison individuelle (qui a gardé son four à pain), tout en bois de récupération, arbore la même façade bleu Majorelle qui tranche avec son voisinage : son ex-propriétaire, épris de liberté et d’architecture, l’a rehaussée d’orange et de vert, dans un style très Frida Kahlo…

Ceci n’est pas… un parpaing tombé du ciel ni de la science-fiction. À l’endroit où la rue des arts forme un U, un monumental bloc de béton incliné s’élève, tout recouvert de mousse et flanqué de huit gros exutoires colorés à l’intérieur. Rien ne dit depuis quand il est là, qui l’a créé, et encore moins qu’il abrite, chose surréaliste dans ce lieu contraint, un parking !

Des bateaux à Grenoble ?

Lors de son passage à Grenoble en 1966, le Général de Gaulle l’avait confondue avec un cirque ! Depuis sa construction en 1963 par l’architecte Maurice Blanc, l’église Saint-Jean n’a cessé de surprendre par sa forme circulaire coiffée d’un lanternon ! Pas moins de 18 piliers en béton armé, aux allures de pilotis, soutiennent la nef – à l’acoustique remarquable – dotée d’une charpente en bois. Tout aussi sacrées que les crêpes et les fondues élaborées par le bien-nommé restaurant (et institution grenobloise) À Confesse, sis 27, rue Saint-Laurent : sa devanture et sa porte d’entrée, ont été récupérées d’un ancien confessionnal !

Juste un peu plus haut, à l’arrivée de la montée Chalemont, le Musée dauphinois (ex-couvent Sainte-Marie-d’en-Haut) abrite Écorcée, œuvre étourdissante du sculpteur-plasticien Simon Augade, une mangrove monumentale créée à partir de 30 m3 de bois résineux locaux dont les racines engloutissent l’ancien cloître !

Des bateaux à Grenoble ? Si vous en doutiez, faufilez-vous rue Madeleine et, juste avant de tourner place de Bérulle, jetez un coup d’œil à sa pierre d’angle : vous y verrez les anciennes traces des cordages de bateaux, jadis amarrés sur les quais de l’Isère…

à lire en complément