Rue des Montagnes-Russes.
Image décorative.

© Mathieu Nigay

Des noms de rues hors des sentiers battus

Patrimoine et Histoire

Par Isabelle Ambregna, publié le 26 févr. 2026

Article

S’il n’y a jamais eu de grand 8 dans la rue des Montagnes-Russes, l’histoire raconte que le terrain sur lequel fut créée la voirie entre la rue Thiers et le cours Jean-Jaurès fut la première patinoire grenobloise ! La faute à ses ondulations naturelles que les habitant-es arrosaient en hiver, donnant aux tout-petits le loisir de grassoler – glisser en patois dauphinois… D’où son nom.

À deux minutes (en draisienne), la rue des Bons-Enfants, débouchant à l’angle du cours Berriat et du boulevard Gambetta, a conservé un parfum du passé : le lierre prolifique des vieux murs en pierre rappelle l’époque des multiples jardins que les habitant-es et propriétaires d’alors acceptèrent, dit-on, de céder comme de bons enfants afin d’ouvrir la rue…

Garder cette âme d’enfant vous conduira (grigris en poche…) jusqu’au quartier Très-Cloîtres : la rue du Fer-à-Cheval, voisine de celle des Beaux-Tailleurs, longe le jardin du musée de l’Ancien-Évêché, se courbe, bifurque à gauche, créant cette forme de U, celle du fer à cheval !

Rue des 400 Couverts

Tout aussi énigmatique, la rue Vendre, nichée dans le quartier de l’Île-Verte, n’a absolument rien de commercial : l’odonyme commémoratif rend hommage à un avocat qui, bien que Grenoblois d’adoption, fut capitaine des sapeurs-pompiers, conseiller municipal et maire de la ville de 1865 à 1870 : Jean-Thomas Vendre.

Longez ensuite les quais de l’Isère jusqu’au quai de la Graille qui rappelle le temps où les corneilles venaient ici grailler (crier), tout alléchées par les ordures dont les Grenoblois-es se débarrassaient.

Plus appétissante : la rue des 400 Couverts (à proximité de la gare) où les corporations et les syndicats se réunissaient et à l’issue, tenaient banquet : on raconte qu’au XIXe siècle, l’une des salles accueillit jusqu’à 400 convives.

À celles et ceux qui pensent tout bas que l’on n’a jamais fait bonne chère à Grenoble, voici une rue qui tordra le cou aux idées reçues : la rue des Gourmets (quartier Exposition-Bajatière) où l’on venait festoyer dans des gueulardières , ces auberges où l’on mangeait si bien...

Pour cheminer encore…

Boulevard des Diables-Bleus • Place des Géants • Allée des Deux-Mondes • Rue de Lionne • Rue du Manège • Impasse du Repos • Rue du Mont-froid • Rue Dupleix • Rue du Pont Saint-Jaime

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