Elle mesure entre 2 et 4 millimètres, elle est ultrarapide et si vous l’écrasez, elle ne manquera pas de vous le faire payer en dégageant une odeur de beurre rance ! La fourmi Tapinoma magnum, familière en Méditerranée (Corse, Italie du Sud et Afrique du Nord) ne s’est pas seulement frayé un chemin jusqu’à Grenoble : elle s’y est (hélas) installée, favorisée par le dérèglement climatique et le transport de plantes ornementales venues d’ailleurs.
Identifiée en 2024, l’invasive, capable de créer des super colonies et de construire des solariums, n’a peur de rien : « Le souci avec la Tapinoma magnum, c’est sa faculté à prendre la place des fourmis communes, leur espace comme leur nourriture. D’autre part, on ne lui connaît pas de prédateur », explique Lucie Biguenet, technicienne en gestion écologique des espaces verts de la Ville de Grenoble.
Sans danger pour la santé humaine, l’insecte fait pourtant des dégâts : il extermine nos fourmis locales, endommage la production maraîchère et horticole, et peut même provoquer des dégradations matérielles.
Protocole
Comment lutter ? Agir en supprimant les points de chaleur que cette fourmi affectionne et qui favorisent son installation : plaques de métal, briques au sol, jardinières en plastique. Surtout, n’utilisez pas de produits insecticides qui sont contre-productifs car ils appauvrissent les milieux
, conseille la Direction Nature en Ville.
La fourmi Tapinoma magnum n’est pas la seule envahissante. Côté insectes, moustique tigre et frelon asiatique figurent aussi sur la liste, au même titre que des certains végétaux, les fameuses Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) souvent méconnues.
Depuis 2019, la Ville de Grenoble a ciblé six espèces végétales invasives prioritaires avec l’association Gentiana. Ceci a permis d’établir un protocole, incluant les périodes d’arrachage et de taille
, souligne Christine Simoens, responsable de l’unité Biodiversité et agriculture urbaine de la Ville de Grenoble.
Identifier et se protéger
Il s’agit de l’ailante (ou « faux-vernis du Japon »), des renouées asiatiques, de la vigne vierge, du raisin d’Amérique, du buddléia et de l’ambroisie hautement allergène dont la destruction est désormais rendue obligatoire par arrêté préfectoral en Isère.
Les actions de la Ville de Grenoble se sont renforcées : ciblage de certains parcs et espaces verts (Bastille, Bachelard, Flaubert, Île-Verte…), coupe franche, broyage voire incinération, replantation de semis couvre-sol et/ou de plantations concurrentes (saule, bourdaine, sureau…) et de plantes sauvages locales. Les propriétaires de jardins ne sont pas épargnés. Priorité : reconnaître et identifier les espèces invasives avant de les déloger, se protéger et, en cas de doute, ne jamais hésiter à contacter des professionnel-les.
Définition
Espèces exotiques envahissantes (EEE) : « Espèce introduite par l’Humain en dehors de son aire de répartition naturelle (volontairement ou fortuitement) et dont l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques et/ou économiques et/ou sanitaires négatives ».
Le saviez-vous ?
Le buddléia aux longues grappes couleur lilas opère comme un piège à papillons. Les lépidoptères s’y déposent en quête de nourriture et s’épuisent à ne pas en trouver. Reconnaissable à ses feuilles palmées comme une main, le raisin d’Amérique est quant à lui hautement toxique pour l’homme et redoutable pour l’arbre auquel il s’accroche, qu’il finit par étouffer. L’ambroisie, qui possède un pollen très allergisant, est désormais détruite dans toute l’Isère au début du printemps et jamais en hiver afin de ne pas stimuler la plante.
L’orge des rats, reconnaissable à ses petits épis (épillets), est particulièrement dangereuse pour les chiens (pattes, oreilles, truffe). Attention également à la berce du caucase, semblable à la carotte sauvage, qui nécessite d’être coupée avec des gants en raison de son caractère photosensibilisant (risque de brûlures).
Une plateforme de signalement anti-frelon asiatique
Des dizaines de nids sont détruits chaque année par les équipes de la Propreté urbaine de la Ville de Grenoble. Agressif, territorial et très risqué pour les abeilles domestiques et sauvages, le frelon asiatique (Vespa velutina) se reconnaît à son corps noir fendu d’une bande orange et à son vol stationnaire devant une ruche qu’il considère… comme un garde-manger. Si vous observez un nid, n’attendez pas ! La Ville intervient lorsque celui-ci est installé à une hauteur de moins de 20 mètres du sol. Au-delà de 20 mètres (l’intervention des pompiers est désormais payante), contactez un prestataire extérieur via le groupement de défense apicole en consultant la plateforme de signalement iziici.fr mis à disposition sur grenoble.fr/le Fil de la Ville.
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