Elle a été construite aussi pour ça ! La tour Perret n’est pas seulement un manifeste de l’architecture moderne et du béton armé. C’est aussi, selon l’expression de son concepteur Auguste Perret, une tour pour regarder les montagnes
.
Cette vocation d’observatoire est préservée dans le projet de restauration, avec l’installation d’une table de lecture du paysage sur la terrasse panoramique, à 60 mètres de hauteur. Cette table, constituée de douze modules offrant autant de points de vue, permettra d’appréhender le paysage selon trois niveaux de lecture : le parc Paul-Mistral et ses équipements issus de la période olympique de 1968, la ville et ses principaux édifices patrimoniaux, les massifs montagneux.
Haltes thématiques
La tour sera également accompagnée d’un dispositif d’accueil du public aménagé à ses pieds. Sept haltes thématiques seront disposées autour de l’entrée, matérialisées par des mobiliers en béton
inspirés des formes géométriques que Perret avait dessinées pour l’édifice. Pour Pierre Rodière, de l’agence Trafik, en charge de ce projet, « l’enjeu est d’étonner le public et de l’inviter à s’approcher de ces objets, sans amener de nouvelles formes qui auraient été déconnectées de leur environnement. Nous avons donc repris les éléments de langage utilisés par Perret, par exemple dans ses claustras ».
Le béton utilisé, un matériau fibré très performant, permet de graver des contenus pédagogiques à même le mobilier, ce qui évite l’ajout de panneaux. Seule exception à cette règle, l’ascension par l’escalier intérieur sera rythmée par une série de neuf petits cartels, de la taille d’une simple feuille A4, sur les caractéristiques techniques de la tour. Là encore, l’objectif est de valoriser, sans la dénaturer, cette ambiance unique de béton brut et de lumière. À découvrir très bientôt !
Des abords qui respectent l’âme de la tour
Les aménagements en cours autour de la tour répondent à une idée précise : mettre en valeur l’aspect minimaliste du monument et sa centralité, tout en facilitant son accès. Nous nous sommes inspirés d’une rosace dessinée par Auguste Perret lui-même pour imaginer les abords de la tour, en atténuant son aspect labyrinthique initial pour aller vers quelque chose de plus fonctionnel
, évoque Thais Vianna, architecte-paysagiste de l’agence Wald, en charge du projet paysager.
Un travail de co-conception avec le service municipal Nature en Ville a été mené pour la végétalisation de l’espace, qui fait la part belle au réemploi des gravats issus de la tour elle-même : Nous avons récupéré les morceaux de béton qui se détachaient du monument avant sa restauration pour en faire un jardin de rocaille, facile à entretenir et embelli avec des essences locales, en cohérence avec les autres plantations du parc.

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