Un lieu où l’on peut parler librement et être écouté-e en toute confiance
, comme le mentionne la Maison des Adolescents Isère (MdA) sur son flyer. Parler de son propre mal-être ou du souci que l’on se fait pour un-e ami-e qui ne veut plus sortir, de ses difficultés à dormir, de ses conflits avec ses parents ou d’une tristesse qui ne passe pas…
Les adolescentes, plus vulnérables
Créée à l’origine par le Centre Hospitalier Alpes-Isère (CHAI), reprise par le Codase en 2020, la MdA prend soin des jeunes âgé-es de 12 à 21 ans. Leur santé mentale est préoccupante : Elle s’est dégradée depuis la crise sanitaire et est devenue un enjeu de santé publique. En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 25 ans (après les accidents de la route, N.D.L.R.). Un quart des jeunes adultes est concerné par des troubles d’ordre psychique
, indique Marie Petit, cheffe de service de la Maison des Adolescents, qui souligne un mal-être encore plus présent chez les adolescentes, plus vulnérables.
Dans ce contexte tendu, aggravé par des prises en charge saturées, la structure renforce sa mission d’accueil inconditionnel, garantit une première prise de rendez-vous entre 8 et 15 jours par une équipe de professionnelles, également formées aux risques suicidaires.
Elle organise des ateliers collectifs de sensibilisation hors les murs, dans les collèges, les lycées, d’autres auprès des parents, et muscle ses coopérations avec ses partenaires (L’Oiseau Bleu, la Maison des Femmes, les Missions Locales, etc.). À Grenoble, en 2025, 320 jeunes de 15 à 18 ans avaient poussé la porte de la maison aux volets bleus, ainsi que 180 parents pour lesquels la MdA est également grande ouverte…
Marie Petit, cheffe de service de la Maison des Adolescents du bassin Sud-Isère
L’adolescence est une période où s’expriment des remaniements sur un plan hormonal et identitaire, ce qui rend le repérage de certains signaux plus compliqué. Le cerveau est en cours de développement. Les capacités d’inhibition ne sont pas encore atteintes. L’émotion et le comportement sont donc plus difficiles à réguler. C’est un peu comme si vous n’aviez pas la pédale de frein : l’adolescence fait des à-coups ! Certains signes doivent néanmoins alerter : une dégradation brutale de l’état (synonyme d’urgence), des conduites à risques, des addictions, des difficultés d’endormissement, une perte de poids, un retrait social… Le mieux-être passe par la mise en évidence, auprès des jeunes, de ce qui fonctionne bien, de ce qui renforce l’estime de soi. C’est ce qui fait tremplin.
Contacts utiles
- Maison des Adolescents Isère, 21, rue Anatole-France - 04 76 84 24 04 – adocontact-mda@codase.org
- 3114 : numéro national de prévention du suicide. 114 par sms.
- SOS Amitié : 0972 394 050 ou par tchat sur www.sosamitie.org
- Fil santé jeunes (12 à 25 ans) : 0800 235 236 ou par tchat sur www.filsantejeunes.com
- Point-Virgule CSAPA. Consultations jeunes consommateurs de 12 à 25 ans. Tél. : 04 76 17 21 21.
